En ce triste jour, Mercredi 25 Avril 2007, notre frère
KACI TAHAR
nous, a quitté à jamais.
Il est l'auteur du plus beau texte de ce blog et son fervent soutien.
Que Dieu le tout puissant l'accueil dans son vaste paradis.
"A Dieu nous appartenons et à Dieu nous retournons."
EX-MINISTRE DE LA REPUBLIQUE
TAHAR KACI S’EST ETEINT DANS L’ANONYMAT
L’ex-secrétaire d’état auprès du ministre du travail chargé de la Formation professionnelle, Tahar Kaci, s'est éteint la semaine dernière à Alger. Ce haut cadre de l'État, qui a donné le meilleur de lui-même au secteur durant les années de braise, était également connu pour ses nombreux écrits, notamment sur la relation entre l'enseignement secondaire et l'enseignement supérieur ainsi que sur la problématique de la formation des enseignants. La disparition de ce ministre de
Extrait de « radar » du journal « LIBERTE » du samedi 28 avril 2007.
HOMMAGE à TAHAR KACI
Une lumière s'en va
•Triste sort que celui des fleurs qui poussent dans un champ de chardons. Elles périssent piétinées par les ânes, friands de ces espaces épineux.
Dans son domaine de prédilection, la pédagogie et la gestion des systèmes éducatifs, Kaci Tahar était une lumière. Cet ancien normalien, agrégé de philosophie, a réalisé un parcours professionnel sans faute. Il a été tour à tour professeur de psychopédagogie, directeur d'ITE (Institut technologique de l'éducation), directeur central au ministère de l'Education nationale, secrétaire d'Etat à la Formation professionnelle et conseiller à la présidence de la République. C'est à partir de cette dernière promotion qu'il a été mis sur une voie de garage vers la fin de l'année 1999. Son éviction, en pleine maturité physique et surtout intellectuelle — il avait à peine 54 ans — l'avait profondément affecté. Il venait de comprendre les ressorts profonds de la logique du régime politique algérien, 11 aimait dire que dans notre pays, la noblesse du titre de commis de l'Etat n'avait aucune signification. Oui, malheureusement, cette amère leçon, Kaci Tahar venait d'en faire l'expérience dans une douleur muette. Discret à la limite de la timidité — comme en témoigne Achour Scghouani, son ancien camarade à l'Ecole normale de Bouzarea et collègue au MEN — le défunt ne livrait pas ses états d'âme. Après son départ forcé, il trouva dans la lecture. et l'écriture : les deux mamelle de tout intellectuel digne de ce nom. Avant de nous quitter, il laissa un ouvrage retentissant. La plume de ce fin pédagogue a transcrit sa riche expérience du terrain et des arcanes du pouvoir décisionnel. Réflexions sur le système éducatif est une mine d'or riche en documentations chiffrées et en analyses fécondes. Il se lit d'un trait avec des chapitres indépendants, fruits de communications que l'auteur a données lors de colloques et rencontres scientifiques autour du système éducatif algérien. Mme Joëlle Bonnet, experte internationale en sciences de l'éducation, nous a affirmé après avoir pris connaissance de l'ouvrage : «il s'agit d'une double vision critique et prospective d'une hauteur de vue remarquable. Ce monsieur possède le génie de débusquer les dysfonctionnements dans leurs moindres recoins.» En effet Kaci Tahar a délivré en guise de testament un véritable mode d'emploi du système éducatif algérien. Pour ceux qui l'ont approche dans son travail — ses conseillers au secrétariat d'Etat collaborateurs et collègues au MEN — l'image de l'homme intègre est restée intacte. Il recèle une envergure intellectuelle colossale construite sur un solide socle de culture générale; un profil rare par les temps qui courent. Son acharnement au travail a forgé en lui un homme respecté pour son sérieux. Un de ses conseillers à
Encore une fois, c'est un legs aux générations futures puisqu’il le destinait à perpétuer la mémoire de l’Ecole Normale de Bouzarea. Ne fut-elle pas en son temps, le temple de la pédagogie et du professionnalisme ? En ce mercredi d’avril, le petit cimetière de la sympathique ville de Ouled Fayet a réuni autour de la dépouille du défunt tous ses anciens collègues du MEN et de la formation professionnelle.
Parmi eux, nombreux sont les retraités aux cheveux blancs et des plus jeunes, encore en activité. Sur la pointe des pieds, sans tambour ni fanfare, ce fils de Mekla s'en est allé sous terre rejoindre les lumières du paradis. Au revoir, cher maître. Que Dieu ait ton âme.
C'était un homme respecté, une pointure intellectuelle colossale
Ahmed Tessa

Ecole Normale de Bouzarea