Mercredi 25 Avril 2007

 

En ce triste jour, Mercredi 25 Avril 2007, notre frère

KACI TAHAR

nous, a quitté à jamais. 

Il est l'auteur du plus beau texte de ce blog et son fervent soutien.

Que Dieu le tout puissant l'accueil dans son vaste paradis.

"A Dieu nous appartenons et à Dieu nous retournons." 

EX-MINISTRE DE LA REPUBLIQUE

TAHAR KACI S’EST ETEINT DANS L’ANONYMAT

 L’ex-secrétaire d’état auprès du ministre  du travail chargé de la Formation professionnelle, Tahar Kaci, s'est éteint la semaine dernière à Alger. Ce haut cadre de l'État, qui a donné le meilleur de lui-même au secteur durant les années de braise, était égale­ment connu pour ses nombreux écrits, notamment sur la relation entre l'enseignement secondaire et l'en­seignement supérieur ainsi que sur la problématique de la formation des enseignants. La disparition de ce ministre de la République est passée sous silence dans les médias officiels alors qu'une foule nombreu­se l'a accompagné à sa dernière demeure. Seul un message a été diffusé sur le site Internet de l'École normale supérieure de Bouzaréah en guise d'homma­ge à cet homme et haut cadre de la nation. Né en 1944 à Mekla, à 30 km de Tizi Ouzou, Tahar Kaci (à gauche sur la photo) a enseigné la philosophie et la pédagogie à Constantine puis à Alger.

 

 

 

 

Extrait de « radar » du journal « LIBERTE » du samedi 28 avril 2007.

 

 

 

 

 

 

 HOMMAGE à TAHAR KACI

Une lumière s'en va

Triste sort que celui des fleurs qui poussent dans un champ de chardons. Elles périssent piétinées par les ânes, friands de ces espaces épineux.

 Dans son domaine de prédilection, la péda­gogie et la gestion des systèmes éducatifs, Kaci Tahar était une lumière. Cet ancien normalien, agrégé de philosophie, a réalisé un parcours professionnel sans faute. Il a été tour à tour professeur de psychopédagogie, directeur d'ITE (Institut technologique de l'éducation), di­recteur central au ministère de l'Education natio­nale, secrétaire d'Etat à la Formation profession­nelle et conseiller à la présidence de la République. C'est à partir de cette dernière pro­motion qu'il a été mis sur une voie de garage vers la fin de l'année 1999. Son éviction, en pleine maturité physique et surtout intellectuelle — il avait à peine 54 ans — l'avait profondément af­fecté. Il venait de comprendre les ressorts pro­fonds de la logique du régime politique algérien, 11 aimait dire que dans notre pays, la noblesse du titre de commis de l'Etat n'avait aucune signifi­cation. Oui, malheureusement, cette amère le­çon, Kaci Tahar venait d'en faire l'expérience dans une douleur muette. Discret à la limite de la timidité — comme en témoigne Achour Scghouani, son ancien camarade à l'Ecole normale de Bouzarea et collègue au MEN — le défunt ne livrait pas ses états d'âme. Après son départ forcé, il trouva  dans la lecture. et l'écriture : les deux mamelle de tout intellectuel digne de ce nom. Avant de nous quitter, il laissa un ouvrage retentissant. La plume de ce fin pé­dagogue a transcrit sa riche expérience du terrain et des arcanes du pouvoir décisionnel. Réflexions sur le système éducatif est une mine d'or riche en documentations chiffrées et en analyses fécondes. Il se lit d'un trait avec des chapitres in­dépendants, fruits de communications que l'au­teur a données lors de colloques et rencontres scientifiques autour du système éducatif algé­rien. Mme Joëlle Bonnet, experte internationale  en sciences de l'éducation, nous a affirmé après avoir pris connaissance de l'ouvrage : «il s'agit d'une double vision critique et prospective d'une hauteur de vue remarquable. Ce monsieur pos­sède le génie de débusquer les dysfonctionne­ments dans leurs moindres recoins.» En effet Kaci Tahar a délivré en guise de testament un vé­ritable mode d'emploi du système éducatif algé­rien. Pour ceux qui l'ont approche dans son travail — ses conseillers au secrétariat d'Etat collaborateurs et collègues au MEN — l'image de l'homme intègre est restée intacte. Il recèle une envergure intellectuelle colossale construite sur un solide socle de culture générale; un profil rare par les temps qui courent. Son acharnement  au travail a forgé en lui un homme respecté pour son sérieux. Un de ses conseillers à la FP dit de lui ; «Les dossiers remis après étude nous sont retournés en un temps record avec des remarques et des annotations judicieuses.» Notre ministre a pris le soin de les étudier en profondeur. Quelques mois avant cette date fatidique du 25 avril dernier, il avait chargé — à titre amical — une boîte de communication de l'aider à améliorer le site qu'il venait de lancer avec un ami normalien.

Encore une fois, c'est un legs aux générations futures puisqu’il le destinait à perpétuer la mémoire de l’Ecole Normale de Bouzarea. Ne fut-elle pas en son temps, le temple de la pédagogie et du professionnalisme ? En ce mercredi d’avril, le petit cimetière de la sympathique ville de Ouled Fayet a réuni autour de la dépouille du défunt tous ses anciens collègues du MEN et de la formation professionnelle.

Parmi eux, nombreux sont les retraités aux cheveux blancs et des plus jeunes, encore en activité. Sur la pointe des pieds, sans tambour ni fanfare, ce fils de Mekla s'en est allé sous terre rejoindre les lumières du paradis. Au revoir, cher maître. Que Dieu ait ton âme.

C'était un homme respecté, une pointure intellectuelle colossale

                                                                                                                                                          

Ahmed Tessa

publié par C . Ichir dans: AUX NORMALIENS DE BOUZAREA
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